Effet Climatique: Miname-Sendou une Trombe marine de passage, redoutée

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie a fait échos d’un phénomène météorologique exceptionnel qui s’est produit mercredi 26 aout sur la Cote de Bargny. Un phénomène climatique survenu en mer avant la pluie et qui a attiré l’attention des habitants, qui ont capturé des images du fait, redoutant une tornade et ses conséquences. En fait il s’agissait d’une Trombe Marine selon les experts. Une trombe marine est une colonne d’air mélangé d’eau en rotation, formant un entonnoir nuageux, sous un nuage convectif au-dessus d’une étendue d’eau.

Ces phénomènes de micro-échelle se forment lorsque les conditions sont très instables alors que de l’air froid passe au-dessus d’eaux chaudes. Généralement moins intenses qu’une tornade, elles se dissipent une fois sur la terre. Il en existe deux types : les trombes d’air froid et les trombes tornadiques. Le cycle de vie de la trombe se compose de cinq étapes :

  • Initialement, un disque circulaire de couleur claire proéminent apparaît à la surface de l’eau, entouré d’une plus grande zone sombre de forme indéterminée ;
  • Après la formation de ces disques colorés sur l’eau, un motif de bandes spirales claires et foncées se développe à partir de la tache sombre à la surface de l’eau ;
  • Une colonne d’embruns en rotation, près de la surface de l’eau, apparaît autour de la tache sombre avec ce qui semble être un œil ;
  • La trombe devient un entonnoir nuageux, à peine visible au début, du nuage de type cumuluscumulus bourgeonnant ou cumulonimbus vers la surface à mesure que le phénomène se renforce. La colonne d’embruns peut atteindre une hauteur de plusieurs centaines de pieds ou plus et crée souvent un sillage visible et un train d’ondes associé lorsqu’il se déplace. La trombe atteint sa maturité quand l’entonnoir touche la surface de l’eau ;
  • Finalement, l’entonnoir et le vortex de pulvérisation commencent à se dissiper à mesure que l’afflux d’air chaud dans le vortex s’affaiblit, mettant fin au cycle de vie de la trombe.

La vitesse des vents associés peut dépasser les 100 km/h. Se produisant pendant la journée, elles peuvent former des groupes de deux ou plus, durer jusqu’à 20 minutes et avoir des diamètres d’une vingtaine de mètres. Elles se déplacent généralement à une vitesse de l’ordre de 15 à 25 km/h.

Le type de trombes marines le plus courant est celui dit « d’air froid ». Ces trombes se forment quand de l’air frais se déplace au-dessus d’eaux relativement plus chaudes.

Ce type de trombes est essentiellement identique aux tornades terrestres et se produisent sous des orages supercellulaires. Ainsi un cisaillement vertical des vents est transformé en une rotation verticale par le très fort courant ascendant sous ce type de nuage7. Elles peuvent atteindre une très forte intensité et poser un important danger à la navigation, à l’aviation et aux personnes dans le secteur.

Dans le cas des trombes tornadiques, la prévision se fait en estimant l’énergie de convection disponible et le cisaillement des vents dans les bas niveaux de la troposphère.

Pour les autres trombes marines, il existe différentes méthodes pour estimer le potentiel de développement. L’une de celles-ci a été développée par unmétéorologue canadien du nom de Wade Szilagyi. Il a répertorié un grand nombre d’événements et les a classé selon la hauteur du sommet des nuages associés à la trombe par rapport à la différence de température entre la surface de l’eau et la pression de 850 hPa (environ 1 500 m d’altitude). La répartition des trombes dans le graphique montra que l’on pouvait diviser le graphique en secteurs de potentiel.

L’indice de trombe marine (SWI) qui en résulta va de -10 à +10. Grosso-modo, une valeur de -10 se retrouve dans le coin inférieur gauche du graphique, là où la différence de température et la hauteur des sommets des nuages est faible. Les valeurs de SWI augmentent en se dirigeant vers le coin supérieur droit. Les valeurs négatives représentent des conditions défavorables. Plus la valeur positive est grande, plus le potentiel est élevé8

La vaste majorité des trombes marines sont de type d’air froid et se rencontrent dans les Tropiques mais un certain nombre se produisent dans les latitudes plus élevées. Elles sont assez courantes entre autres le long de la côte européenne, des îles Britanniques, des mers Méditerranée et Baltique. Elles sont particulièrement fréquentes au large des côtes de la Floride et de ses Keys. Les trombes peuvent se développer autant sur les eaux salées que les lacs et rivières d’eau douce puisque l’instabilité atmosphérique et les vents sont les seuls critères en cause. Ainsi, on rapporte régulièrement des trombes marines sur les Grands Lacs d’Amérique du Nord11. En général, elles vont se produire à l’intérieur de 100 kilomètres des côtes.

On relève environ 160 trombes marines par année en Europe, les Pays-Bas en signalant le plus grand nombre avec 60. Viennent ensuite l’Espagne avec 30 (en majorité dans la région de Barcelone), l’Italie avec 25, et laGrande-Bretagne avec 15. Dans l’hémisphère nord, quelques études climatologiques ont montré une prépondérance de la formation des trombes d’air froid à l’automne, en particulier en septembre, alors que des incursions d’air froid passe sur les eaux au maximum de leur réchauffement. Cependant, les trombes tornadiques, moins fréquentes, auront un pic d’activité estival, alors que les conditions sont plus favorables aux orages supercellulaires, ainsi que durant la saison des cyclones tropicaux auxquels elles sont souvent associées.

La variation de pression et du vent local associé avec les trombes marines peuvent causer un danger aux embarcations et aux coraux, cela est particulièrement vrai des trombes tornadiques. Les trombes en air froid se dissipent généralement rapidement en touchant terre car elles perdent leur source de chaleur.

Les trombes tornadiques peuvent persister car les éléments qui les génèrent se retrouvent dans la masse d’air, elles peuvent donc causer des dégâts importants sur terre4. Les incidents de trombes marines ayant causé des dommages sérieux sont assez rares, mais quelques-uns sont assez célèbres. En 1555, la tornade du Grand Port de Malte est l’une des plus anciennes confirmations d’une trombe destructrice. Elle a coulé quatre galères de guerre, de nombreux navires et fait plusieurs centaines de morts. En 1851, deux trombes marines tornadiques frappent l’ouest de la Sicile, dévastant la côte. Le 1er juin 2015, une trombe marime sur le fleuve Yangtze chavire l’Étoile de l’Orient durant la nuit et fait 442 morts.

À cause de la pression plus faible à l’intérieur des trombes marines, elles agissent comme un aspirateur. Elles emportent dans l’air et les nuages des aérosols riches en planctonbactéries marines et virus. Elles interviennent ainsi dans la bioturbation. Les plus puissantes peuvent même soulever de petits poissons ou des batraciens.

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